1. Romain, il y a un an, tu débutais la préparation de la saison avec les 18 ans Nationaux et là, tu te retrouves professionnel avec ta première apparition dans le groupe de seize vendredi dernier au Havre : tu t'attendais à une progression aussi rapide ?
Et bien déjà, l'année dernière, mon objectif était de faire la saison entière avec les 18 ans Nationaux avec qui j'avais fait la deuxième partie de la saison 2005-2006. Or, à la fin décembre, Yann Daniélou et Bernard Maligorne m'ont proposé d'intégrer le groupe CFA2 avec qui j'ai fait toute la deuxième partie de saison. Et puis, début juin, Yann Daniélou et Michel Bucquet m'ont reçu pour faire un bilan de mes prestations qu'ils avaient trouvées bonnes. Ensuite, j'ai rencontré Pascal Janin et Christophe Forest qui m'ont informé que j'allais reprendre l'entraînement avec le groupe professionnel. Ce fut ma première grande surprise et bien sûr grande satisfaction. Au départ, je devais uniquement participer au stage de Batz-sur-Mer mais à la fin du stage, j'ai rencontré Corentin Martins qui m'a proposé de signer mon premier contrat professionnel. J'avoue que ce fut une grosse surprise et une grosse joie en même temps car je ne m'y attendais pas, en tout cas pas si tôt. Signer à Brest est vraiment ce que je pouvais espérer de mieux car je reste près de ma famille et de mes amis et ça facilite énormément les choses. J'entame ma sixième saison au Stade Brestois où je suis arrivé en 14 ans. J'ai gravi tous les échelons en essayant de progresser à chaque fois et plus j'avançais, plus je me disais que je pouvais y arriver mais peut-être pas si tôt. J'avais en tête les exemples de Romain Cabon, Soki N'Zinga et Jonathan André qui avaient fait des apparitions dans le groupe pro la saison dernière et j'espérais suivre leurs traces. Mais de là à penser que je serais sur le banc au Havre vendredi dernier... J'ai été informé par le Coach jeudi et ça m'a fait énormément plaisir. Cette première apparition m'a permis de découvrir l'univers de la Ligue 2 qui est totalement différent de ce que j'ai pu connaître jusqu'à présent. Etre sur le banc dans un stade où il y a 9000 personnes, ça change des terrains de la Cavale Blanche ou Menez Paul ! Vendredi, j'ai vraiment pris conscience de ce que je vivais et de la chance que j'avais. Je suis passé de spectateur à acteur.
2. Vendredi, tu vivais donc ton premier match professionnel, sur le banc : comment as-tu trouvé le comportement de l'équipe ?
Et bien l'équipe a connu un début de rencontre difficile avec ce but inscrit rapidement par les Havrais qui nous a véritablement cueillis à froid. C'est dommage d'avoir encaissé ce but si tôt car tout le monde était bien et bien en place. Ca a un peu cassé le rythme. Nous avons démarré la rencontre en 4-2-3-1 mais le Coach est vite revenu au 4-4-2 et on a senti l'équipe plus à l'aise dans ce schéma tactique. Nous avons refait surface et avons fait preuve d'une bonne tenue du ballon. Nous avons eu de bonnes occasions mais nous n'avons malheureusement pas su les concrétiser. En défense, je trouve que l'équipe s'est bien comportée face à des attaquants havrais très athlétiques comme Alassane ou Hoarau. En seconde période, nous avons été plutôt bons dans la possession de balle et même si Le Havre a eu une occasion franche de faire le break, on sentait l'équipe bien en place et capable de revenir au score. Et puis il y a eu cette 82e minute où David (Bouard) a décoché cette frappe magnifique qui nous a permis d'égaliser. Je venais de revenir sur le banc car les trois remplacements avaient été faits et c'était un vrai bonheur. Je pense même que nous aurions pu l'emporter sur cette occasion de Richard Socrier de fin de match...
Globalement, j'ai trouvé la prestation de l'équipe plutôt bonne. J'ai assisté à pas mal de matches la saison dernière et je trouve vraiment un gros changement au niveau du jeu. C'est peut-être aussi que mon regard a changé car je fais partie du groupe cette saison mais je trouve que le volume de jeu proposé est plus intéressant, que le jeu est beaucoup plus posé, plus construit. C'est vrai que le groupe compte beaucoup de joueurs d'expérience que ce soit au milieu de terrain ou en défense et ça compte énormément. Je pense, comme beaucoup de mes coéquipiers, qu'il y a vraiment quelque chose d'intéressant à faire cette saison. Mais je sais aussi qu'il ne faut pas s'enflammer dès la deuxième journée. L'équipe a pris un bon départ, elle est sur la bonne voie, il faut continuer.
3. Tu le disais, le groupe compte beaucoup de joueurs d'expérience, c'est quelque chose qui doit t'aider dans ta progression, n'est-ce pas ?
C'est vrai que c'est quelque chose de très précieux. A chaque entraînement, j'essaie de prendre un peu d'expérience de chaque joueur, notamment mes coéquipiers de défense. Des joueurs comme Johann Poulard, Fernando Casartelli et Ludovic Jeannel m'aident beaucoup et me permettent de progresser. Lors des oppositions, je suis souvent associé à Fernando et Ludovic. Et puis Denis Stinat et Philippe Billy qui ont connu la Ligue 1 (pour Denis) et le championnat Italien m'apportent aussi beaucoup. A moi donc de suivre leur expérience et leur conseil tout en essayant de m'imposer un peu plus car c'est un peu mon but. Je n'ai pas d'objectif précis sur le nombre de matches à disputer, mon but est d'apprendre et d'emmagasiner de l'expérience. J'ai déjà acquis beaucoup en participant à la préparation de juillet et si maintenant je peux participer à quelques matches cette saison, ce serait bien mais ce n'est pas l'essentiel. Je vais continuer de travailler et je sais que je jouerai en CFA2 où je pourrais continuer de m'aguerrir. De toute façon, pour cette saison, je m'attendais avant tout à jouer en CFA2 donc tout ce que je pourrai vivre avec le groupe professionnel sera un plus indéniable. L'essentiel pour moi maintenant que je suis passé pro est de rester à ce niveau, d'écouter et d'apprendre mon métier. La cerise sur le gâteau serait bien sur de pouvoir disputer un ou plusieurs matches avec l'équipe première, notamment à Brest. Faire mes premiers pas de professionnels sur la pelouse de Francis Le Blé serait un vrai bonheur, j'attends ça avec impatience.
Avec Vincent (Richetin), nous sommes les deux premiers jeunes à signer un premier contrat professionnel, c'est une vraie fierté. Nous en parlons bien sûr avec nos copains, nos anciens coéquipiers et nous pensons sincèrement que ce qui nous arrive peut arriver à bon nombre d'autres jeunes. Dans la génération 87-88, il y a beaucoup de bons éléments qui peuvent prétendre à devenir pros également. Je les connais bien et je sais que s'ils s'accrochent, s'ils continuent de travailler sérieusement, ils peuvent y arriver, ils en ont la mentalité.