1. Julien, Brest a enfin renoué avec le succès vendredi soir face à Reims et effacé quelque peu la déception de mardi et cette défaite concédée à Montpellier : quel regard portes-tu sur ces deux rencontres ?
C’est vrai que cette victoire face à Reims nous fait beaucoup de bien car nous étions dans une période difficile, sans victoire depuis un mois. Face à Reims, nous avons un peu resserré les lignes défensives, Pascal Janin nous avait demandé de faire beaucoup d’efforts et de faire des choses un peu plus précises dans ce domaine, ce qui n’était pas trop le cas depuis quelques matches. Même si le fond de jeu n’était pas parfait, l’essentiel était de stopper la spirale et de s’imposer. Et puis, on ne peut pas nous demander de retrouver en un match le football alléchant que nous pratiquions en début de saison. L’objectif vendredi soir était de se rassurer et de ne pas prendre de but tout en profiter des moindres occasions qui se présentaient pour tromper la vigilance de l’adversaire. La différence par rapport aux derniers matches, c’est que nous avons réussi à concrétiser une des rares occasions dangereuses que nous nous sommes procurées. L’objectif est donc atteint même si au niveau du jeu, ce n’est pas tout à fait ça encore. Mais personnellement, j’ai trouvé une amélioration dans le collectif : dans les phases défensives, nous défendions à onze et dans les phases offensives, les défenseurs apportaient un plus. On a retrouvé un bloc plus collectif et le résultat est là. A un moment dans le match, j’ai compris que nous n’allions pas perdre : c’est quand Fernando (Casartelli) rate sa tête sur un corner et que Richard vient le relever en l’encourageant : ça peut paraître anodin mais ce sont des signes qui ne trompent pas quand on est sur un terrain. Ca montrait que nous avions retrouvé la solidarité collective qui nous avait peut-être fait défaut depuis quelques matches, comme à Montpellier quelques jours avant où nous avons vraiment mis en lumière nos difficultés. Défensivement, nous avons été trop laxistes ou en tout cas trop éloignés les uns des autres. C’est notamment cet aspect que nous avons corrigé face à Reims en ne leur laissant que peu d’espaces. Et même si Montpellier n’a pas volé sa victoire, je crois que nous pouvons nourrir des regrets car eux non plus n’étaient pas bien et nous aurions pu espérer accrocher le nul. Mais pour cela, le match était trop décousu pour espérer mieux. Finalement, cette défaite à Montpellier a peut-être été un mal pour un bien et a permis une prise de conscience.
2. Aujourd’hui, le Stade Brestois a 22 points et a fait plus de la moitié du chemin vers le maintien avant la mi-saison, cela va vous permettre d’aborder cette nouvelle mini trêve et le premier match de Coupe de France en toute sérénité, n'est-ce pas ?
C’est vrai qu’avec 22 points, le parcours est pour le moment plutôt satisfaisant. Mais au-delà des points, je regarde aussi le contenu de nos matches et la qualité de jeu que nous produisons. Notre objectif est, tout le monde le sait, d’obtenir au plus vite le maintien et pour obtenir rapidement le maintien, il faut produire du beau jeu. C’est là-dessus que nous nous concentrons même si ça ne peut pas toujours être parfait et s’il y a des moments difficiles comme les derniers matches du mois d’octobre. La poule aller n’est pas terminée, il reste encore trois matches et nous allons essayer de nous concentrer sur nos fondamentaux, notamment notre solidité défensive pour bien finir les matches aller. Pour le moment, personnellement, je ne regarde pas trop le classement, souvent tronqué avec des matches décalés ou en retard. mais plutôt le nombre de points pris. Il en faudra au moins 42 points pour se maintenir et plus vite nous les aurons acquis, plus nous pourrons être ambitieux et régaler ensuite notre public. Pour l’instant nous avons 22 points acquis et nous avons la possibilité d’atteindre la trêve avec 31 points théoriquement, ce qui serait parfait. A nous donc de tout faire pour en prendre le maximum pour nous rapprocher au plus près des 31 points. Il y aura aussi, avant ces trois derniers matches, une rencontre de Coupe de France face à Châteaubriant qu’il faudra aborder sérieusement. Je connais un petit peu cette équipe contre qui j’ai joué avec l’équipe réserve lors de la première journée de championnat de CFA2. Nous avions gagné 3-0 mais j’avais trouvé l’équipe de Châteaubriant assez virevoltante et assez à l’aise offensivement. Depuis, ils sont un peu à la peine en championnat et ont perdu toutes leurs rencontres sauf samedi à Lorient. Ils auront bien sûr la volonté de faire quelque chose face à nous, ce sera un peu leur match de l’année et nous savons à quoi nous en tenir. La saison dernière, nous avions aussi débuté face à une équipe de CFA2 et nous avions chuté mais le contexte était différent. Cette saison, nous sommes plus solides, nous avons plus de bases collectives pour affronter des adversaires hiérarchiquement inférieurs. Il faudra faire un match sérieux pour passer et jouer le jeu tout simplement. Ils n’auront rien à perdre, nous le savons.
3. Tu as entamé ta troisième saison avec le Stade Brestois et tu restes en quelque sorte le second gardien derrière Steeve : est-ce uns situation que tu acceptes facilement ?
L’été dernier, il me restait un an de contrat avec le Stade Brestois et la question de savoir si je restais ou je partais ne se posait pas. Je me sens vraiment bien à Brest et je sens qu’il y a plein de choses à faire avec le Stade Brestois, choses auxquelles j’ai vraiment envie de participer. En plus, le club est sein et pour moi, il était donc logique de rester à Brest et même si, lorsque Steeve m’a appris qu’il prolongeait ici, je savais que je serai encore le deuxième gardien. Si Steeve a re-signé, ce n’était pas pour jouer les doublures, donc les choses étaient claires. De toute façon, le fait d’être titulaire ou remplaçant n’est pas ma priorité, ce que je souhaite avant tout, c’est faire partie d’un collectif qui fonctionne et qui obtient de bons résultats. Le football est un sport collectif où on ne réussit qu’ensemble et non de façon individuelle. Toutes les semaines, je me prépare comme si j’allais faire partie du Onze le vendredi et je ne me pose pas plus de question. De toute façon, je me dois d’être prêt à remplacer Steeve à tout moment, comme mardi dernier à Montpellier en fin de match ou vendredi face à Reims. Vendredi, j’ai eu l’occasion d’être titulaire et je pense que ça s’est plutôt bien passé pour moi car j’étais prêt à jouer et surtout parce que le collectif a fonctionné et j’en ai bénéficié. Dans les semaines suivantes, je continuerai à travailler pour être prêt à jouer et quand Steeve reviendra, je l’espère rapidement, je reprendrai ma place s’il redevient titulaire.