1. Brahim, le Stade Brestois a signé vendredi soir un quatrième succès consécutif de fort belle manière en s’imposant largement face à Bastia : ceci doit être une belle satisfaction pour tous les joueurs ?
Oui bien sûr, c’est une très grande satisfaction d’autant que pour le club, c’est une victoire un peu historique puisque c’est la quatrième consécutive, ce qui n’est jamais arrivé depuis le retour du Stade Brestois en Ligue 2. C’était un premier challenge que nous nous étions fixés et nous l’avons réussi. Ensuite, nous savions qu’en gagnant vendredi soir, nous avions l’occasion de passer devant Bastia et de faire un bond intéressant au classement. Nous savions que si nous gagnions, c’était un nouveau championnat qui commençait pour nous car nous pouvions commencer à regarder vers le haut. Et puis ce match était le premier pour notre nouveau coach, Gérald Baticle et nous voulions faire quelque chose d’intéressant pour lui, moi encore plus peut-être car c’était mon ancien Coach à Auxerre. Et finalement, tout s’est bien passé, tout nous a réussi : il y a eu la manière, des buts, du spectacle pour le public même si le fait que Bastia soit réduit à dix nous a peut-être facilité la tâche, notamment en fin de rencontre. Mais globalement, nous sommes très content de cette belle victoire, moi particulièrement car j’ai réussi un doublé, ce qui ne m’était jamais arrivé de toute ma carrière en compétition officielle. Quand j’ai marqué le deuxième but, sur le coup, je n’y croyais pas ! Ce match, comme celui face à Metz, restera certainement un match référence, différent de celui face à Metz où c’était plus une victoire de la volonté et d’un collectif. Face à Bastia, nous avons aussi tout donné mais l’opposition était différente. Nous avons néanmoins pris beaucoup de plaisir sur le terrain et j’espère que nous en avons donné beaucoup à nos supporters et qu’ils ont passé une très bonne soirée. En tout cas, ils le méritaient avec toutes les défaites auxquelles ils avaient assisté avant, c’est une belle récompense pour eux. J’espère maintenant que nous parviendrons à reproduire ce genre de math et revivre de telles soirées à Francis Le Blé d’ici la fin de la saison.
2. Le Stade Brestois est une excellente dynamique de quatre victoires consécutives après avoir connu six défaites consécutives et « touché le fond » : comment expliques-tu ce contraste et le fait que vous ayez plongé si bas ?
Je pense que c’est avant tout un manque de réussite flagrant qui a caractérisé cette période difficile. Face à Strasbourg par exemple, nous nous inclinons que d’un but face à une des meilleures équipes de ce championnat alors que nous avions réalisé une très bonne prestation, surtout en deuxième mi-temps. Mais ce soir là, comme face à Ajaccio ou Boulogne, ça ne voulait pas rentrer. Au début, nous perdions mais nous parvenions à produire un jeu de qualité mais petit à petit, devant l’enchaînement des défaites, la qualité de jeu s’est estompée, l’équipe a commencé à douter, nous commencions à baisser la tête et c’était l’engrenage. Face à Montpellier, nous avons vraiment touché le fond, tout le monde à lâché et il n’y avait plus aucun collectif. Il y a eu ensuite le changement d’entraîneur et l’arrivée de Corentin Martins qui a tenté de nous remettre en confiance en s’entretenant individuellement avec chacun des joueurs. Sans forcément nous critiquer, il tentait de mettre l’accent sur ce qui n’allait pas et ce qu’il fallait faire pour remonter la pente. Et comme c’était un nouveau Coach, tout le monde a voulu en faire plus pour se montrer et essayer de gagner ou regagner sa place dans le Onze. Il y a eu ensuite cette victoire à Reims qui a été un vrai déclic et qui nous a apporté une énorme dose de confiance et qui nous a permis ensuite de bien enchaîner face à Metz et à Dijon. Si nous avions fait un match nul à Reims, je ne suis pas sûr que nous en serions là aujourd’hui… La confiance est revenue, nous n’avons plus peur de tenter et surtout, la réussite est revenue. A Reims par exemple, je tire sur le gardien et la balle me revient dans les buts. J’aurais eu la même occasion face à Montpellier, je suis sûr que nous n’aurions pas marqué. Durant cette période « noire », ça s’est joué à chaque fois sur des petits détails. Il nous manquait un petit quelque chose, un petit brin de réussite qui aurait changé les choses mais ça ne venait pas et ça traduisait aussi un manque de confiance et une période de doute. Nous avions déjà connu cela en début d’année 2008 et il avait fallu du temps pour que ça revienne. Il va falloir maintenant confirmer cette bonne passe à Sedan et enchaîner ensuite de la meilleure manière que ce soit lors des deux matches consécutifs à domicile. Si nous négocions bien ces trois matches, il y a moyen de faire quelque chose de bien dans ce championnat. Mais attention, n’oublions pas d’où nous venons et que l’enchainement de deux ou trois mauvais résultats peut nous faire retourner vers le bas. Lors des trois matches à venir, il faut essayer de basculer du bon côté.
3. Tu viens d’évoquer l’arrivée de Gérald Baticle, que tu as bien connu à Auxerre puisqu’il a été ton entraîneur : peux-tu nous en dire plus sur lui ?
Déjà, dès que j’ai su que ce serait Gérald Baticle le futur « Coach », j’ai commencé à me préparer car je savais ce à quoi m’attendre (rire). Gérald Baticle est un Coach très exigeant, comme il le dit souvent, déjà très exigeant avec lui-même mais aussi avec ses joueurs. Pour preuve, vendredi soir, alors que je marque deux buts et que je fais une passe décisive à Alharbi, je me dis qu’il va être satisfait de ma prestation mais finalement, il a surtout insisté sur ce qui n’a pas été et les erreurs que j’ai pu commettre. Je n’ai pas été étonné car je le connais bien et je connais ses exigences mais à côté de cela, c’est un coach qui va se battre pour son équipe et qui fera toujours tout pour protéger ses joueurs. Il cherchera toujours à améliorer les choses et faire progresser chacun d’entre nous. Il est comme ça, il en veut toujours plus, il veut toujours le maximum. Un autre exemple pour comprendre son niveau d’exigence : quand j’étais à Auxerre et qu’il passait ses diplômes, un jour je lui dis « ce serait bien que vous l’ayez ». Il m’a répondu : « non, je ne veux pas l’avoir, je veux surtout être le premier. ». Ce niveau d’exigence qu’il peut avoir envers lui-même, c’est quelque chose qui sera très bien pour le groupe : il va pousser chacun d’entre nous à faire le maximum à l’entraînement et à progresser. En tout cas, j’ai retrouvé quelqu’un encore plus motivé que ce que j’ai pu connaître à Auxerre. Je dois dire que, pour moi, c’est bien de retrouver quelqu’un comme Gérald Baticle. Je sais que dans la difficulté, j’ai tendance à vite baisser les bras et j’ai besoin d’avoir quelqu’un derrière moi qui me « booste », qui me fasse repartir de l’avant et Gérald Baticle le sait mieux que quiconque. D’ailleurs, la première chose qu’il m’a dite en arrivant à Brest, après avoir visionné nos matches, c’est : « tu n’as vraiment pas changé ! ». Personnellement, je sais que son arrivée va me faire du bien et même si je sais le niveau d’exigence auquel je dois m’attendre, je sais que c’est pour mon bien et pour le bien de l’équipe. En tout cas, je suis vraiment sincèrement content que ce soit lui qui soit notre nouveau Coach. Je saïs qu’il va me faire progresser et qu’il va apporter beaucoup à l’équipe. En deux jours, il nous a déjà fait passer quelques messages intéressants. Contre Bastia, ce n’était pas évident pour lui car il venait d’arriver que deux jours avant mais à Sedan, ce sera vraiment « son » match qu’il va pouvoir complètement préparer. En tout cas, il a été bien accepté et accueilli par tous et avec sa carrière de joueur et son palmarès, il y a un certain respect envers lui. Il a connu le très haut niveau, la Coupe d’Europe et il sait de quoi il parle. Il connaît aussi très bien la Ligue 2 où il évoluait il n’y a pas si longtemps. Il arrive dans un groupe qui a retrouvé de la confiance et il va se servir de cette dynamique et aussi de son vécu pour continuer à nous faire progresser et avancer dans ce championnat.