1. Yvan, le Stade Brestois a subi à Tours sa quatrième défaite consécutive, la sixième depuis le début de la saison et se retrouve maintenant dans une situation délicate : comment réagissez-vous après cette défaite ?
Nous éprouvons beaucoup de déception mais pas d’abattement. Normalement, notre objectif chaque semaine en tant que sportif professionnel est de gagner des matches et avec cette accumulation de défaites, nous sommes loin d’être satisfaits bien évidemment. Ce qui fait mal, c’est cet enchaînement de défaites : certaines sont plus frustrantes que d’autres car sur le contenu de certains matches, nous méritions largement autre chose que de perdre. Malgré tout, je pense que tout n’est pas négatif dans ce que nous produisons. A Tours, nous sommes tombés sur une bonne équipe, notamment en première période. Malheureusement pour nous, ils ont marqué très rapidement, ce qui nous a plongé dans le doute et une situation très délicate d’entrée de jeu. Ensuite, ils ont fait une très bonne première mi-temps et nous ont bien mis sous pression. Nous savions que Tours était une équipe très portée vers l’avant et nous misions justement sur cela et sur des contres pour les prendre à revers dès le début de la rencontre. Mais notre plan de jeu a été annihilé par le fait qu’ils ont marqué très rapidement. En seconde période, je pense que nous avons bien réagi avec 25 bonnes minutes où nous avons eu la maîtrise du jeu mais malheureusement, c’est à l’issue de cette période que Tours a fait le break et là, c’était fini… C’est certain que ce match n’a pas été le meilleur depuis le début de saison mais l’adversaire est quand même pour beaucoup dans le résultat final et mérite sa victoire.
2. Avec cette accumulation de défaites, on peut penser que le doute s’installe, vois-tu une issue à cette spirale négative commencée à Créteil ?
Et bien, il va falloir que ça s’arrête et rapidement ! Il va falloir retrouver un peu de sérénité dans nos prestations. Ce qui est encourageant, c’est le niveau et la qualité de notre jeu qui doit nous laisser entrevoir des jours meilleurs rapidement. Le problème de ces séries, c’est de sortir rapidement de cet engrenage car plus ça va, plus on a l’impression que, plus le temps passe, plus c’est dur d’en sortir alors que ce n’est pas forcément vrai. Il faut savoir faire abstraction de cette série et tout mettre en œuvre sur le prochain match pour récolter trois points qui nous feraient le plus grand bien. Bien sûr, dans une telle période, le doute s’installe et plus ça va, plus les défaites font mal. Personnellement, je ne pense pas que la défaite à Créteil soit la cause de cette spirale négative. C’est vrai que tout a commencé là-bas mais, même si nous avons fait un non-match, c’était une autre compétition. Nous avons tourné la page et ensuite, nous avons su nous re-concentrer sur le championnat. Malheureusement, nous sommes tombés sur des adversaires très coriaces, nous avons manqué de chance et de réussite lors de certaines rencontres et nous sommes rentrés dans cet engrenage négatif… En plus, on voit que, de plus en plus, toutes les équipes de Ligue 2 se valent et sont coriaces. Si on prend l’exemple de Tours, je ne pense pas que beaucoup auraient parié de les voir là où ils sont à ce stade du championnat. Il n’y a plus de petites équipes en Ligue 2, la preuve, Boulogne qui a failli descendre en Mai est aujourd’hui en tête… Il faut donc être au top physiquement et mentalement chaque vendredi pour réussir quelque chose. Mais le football est parfois paradoxal car alors qu’à Nîmes nous prenons trois points sans faire un bon match, nous nous inclinons face à Ajaccio ou Strasbourg en ayant fait une bonne prestation technique et collective. Je ne pense pas pour autant que nous devons changer notre stratégie : il faut garder ce que nous savons faire mais il faut que nous soyons performants défensivement et offensivement. Développer du beau jeu nous permet d’arriver dans la zone de vérité mais nous ne parvenons pas à conclure. Il manque toujours quelque chose, la bonne passe, le bon geste final… Je ne crois pas que c’est en « balançant » que nous rétablirons la situation. Le « combat » physique est un paramètre important du jeu et je pense que c’est là que nous devons progresser. Il faut que nous soyons plus « tueurs », faire preuve de plus d’engagement, d’envie et de concentration. Notre problème actuel n’est pas qu’un problème offensif ou défensif, c’est un problème collectif et chacun doit travailler pour hisser son niveau de performance vers le haut. Il faut que nous parvenions à faire le bon geste au bon moment. Les choses ne vont pas s’améliorer comme ça du jour u lendemain, ça va prendre un peu de temps mais il faut déjà que nous parvenions à prendre dès le prochain match trois points pour nous donner un peu d’air.
3. Tu parlais de paradoxe et il en existe un actuellement : le Stade Brestois réalise son plus mauvais début de saison depuis son retour en Ligue 2 alors que l’équipe actuelle et peut-être celle qui propose le meilleur contenu de jeu, comment l’expliques-tu ?
C’est dur à expliquer… Lors de certains matches, nous nous sommes dits que la défaite était un peu aberrante par rapport au contenu proposé. Nous avions largement plus d’occasions que nos adversaires mais nous ne parvenions pas à marquer alors que sur un contre, notre adversaire nous marquait un but assassin… Je ne mettrai en tout cas pas notre parcours actuel sur le compte de la fatalité. C’est à nous d’en faire un peu plus pou nous sortir de là. Et c’est vrai que ce n’est pas évident à comprendre car lors des six défaites, nous n’avons pas été mauvais six fois ! C’est vrai par contre que nous n’arrivons pas à nous transcender suffisamment et il va falloir y remédier. Dans le passé, il y a deux saisons par exemple, il y avait peut-être moins de qualité et plus de combativité mais je ne suis pas sûr que tous les matches que nous avons perdus soient le fait d’un manque de combativité. Je pense que personne ne triche sur le terrain, tout le monde se bat mais pas suffisamment ou pas suffisamment bien. A Amiens et à Tours, nous nous sommes faits un peu « bougés » et il va falloir y remédier. Nous faisons des efforts mais il manque un petit quelque chose qu’il va falloir trouver pour inverser la tendance. Mais nous sommes des grands garçons et nous sommes conscients de l’urgence de la situation. Nous accusons un retard comptable aujourd’hui que nous risquons de traîner longtemps durant la saison et plus il va s’agrandir, plus la saison va être compliquée. Vendredi, face à Montpellier, il faut stopper l’hémorragie, se mobiliser et réagir de manière efficace, quelle que soit la manière. Les trois points seront impératifs. Il faut en tout cas arrêter de glisser dangereusement au classement comme c’est le cas actuellement. Il faut arrête de penser à un quelconque objectif pour la saison actuellement et vraiment prendre les matches un par un pour remonter la pente.