1. David, le Stade Brestois a enfin renoué avec la victoire vendredi à Reims après cinq défaites consécutives et même si c’est une victoire à l’arrachée, dans les derniers instants du matches, les trois points doivent vous faire du bien ?
Oui bien sûr, les trois points font énormément de bien et c’est vrai que ça a été difficile. Mais nous ne nous étions pas rendus à Reims en espérant gagner sur un score fleuve. Ce que nous souhaitions avant tout lors de ce déplacement, c’était avoir une réaction d’orgueil et faire preuve de courage. Et c’est, je pense, ce qui s’est passé avec en plus un victoire à la clé mais plus que la victoire, c’est le comportement de l’équipe et de tous les joueurs que je retiendrais car il a été très bon. Dans ces moments difficile que nous traversons, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et vendredi soir, j’ai trouvé que, même si tout n’a pas été parfait, nous avons beaucoup entrepris et il y a eu plein de signes positifs et encourageants. Et puis, petit signe du destin peut-être, nous avons la chance de marquer à la 90e minute. Quand on voit l’action, ce sont deux frappes repoussées et la troisième tentative et la bonne. Ca montre quand même une certaine persévérance dont nous avons su faire preuve tout au long de la rencontre et nous avons été, cette fois-ci, récompensés. Maintenant, il faut considérer que nous avons 9 ou 10 matches de retard dans le début de notre saison et si cette victoire à Reims est un peu un nouveau départ, ce serait parfait. Mais attention, il va falloir maintenant confirmer dès vendredi prochain face à Metz. Il ne faut pas que cette victoire à Reims soit un petit aparté et que nous retombions dès vendredi dans nos travers mais j’en serai très surpris car le comportement de l’équipe vendredi a vraiment été parfait et laisse augurer de bonnes choses. Tout le monde a vraiment pris ses responsabilités et a joué le jeu. La journée qui a précédé le match a été très sereine et tout le monde était très relâché. Nous nous sommes beaucoup parlés et il n’y avait pas de sentiment de pression ou de peur au ventre. Chacun a fait son autocritique et a eu une attitude professionnelle et responsable. Après le match de Montpellier, nous étions tous vraiment mal à l’aise et avions vraiment envie de nous racheter au plus vite. Il a fallu assumer nos responsabilités et accepter les critiques. Face à Reims, nous avons eu une réaction saine. Nous avons retrouvé une certaine combativité, un peu de confiance et nous avons tous défendus ensemble. Il y a eu aussi sur le terrain une bonne communication, tout le monde s’est investi et Olivier (Guegan), qui reprenait le brassard, a bien rempli son rôle de capitaine.
2. Comment s’est déroulée la semaine dernière après le départ de Pascal Janin et avec un entraînement dirigé par Corentin Martins avec qui vous n’aviez pas forcément l'habitude de travailler au quotidien ?
Il ne faut pas se le cacher, ça a été une semaine difficile et contraignante. Car lorsqu’on voit son entraîneur limogé, on se sent forcément triste et responsable. Ne nous voilons pas la face, les premiers responsables de la situation actuelle, ce sont les joueurs mais le premier à payer, c’est toujours l’entraîneur, c’est la loi du football professionnel… Ca a été aussi difficile à vivre car il y avait tous les jours une annonce sur l’arrivée ou non de Gérald Baticle en tant qu’entraîneur et avec d’autres noms qui circulaient également. Nous avons fini par en faire abstraction, nous nous sommes rassemblés et nous nous sommes dits que, quel que soit l’entraîneur qui viendrait, nous devrions nous en sortir par nous-mêmes avant tout. A côté de cela, tout s’est bien passé avec Corentin Martins qui a vu que nous étions bien évidemment affectés et déçus d’en être arrivés là mais pas abattus. Il a essayé de mettre en place un petit système auquel nous avons adhéré et qui a plutôt bien fonctionné vendredi soir. Tout au long de la semaine, tout le monde s’est investi et, comme souvent en situation de limogeage ou de changement d’entraîneur, ceux qui ne jouaient pas veulent se montrer pour gagner leur place et ceux qui jouaient veulent tout faire pour la conserver. Ca a créé une bonne émulation, nous sommes repartis sur de bonnes bases et tout le monde a accepté les choix que Corentin a pu faire pour le match de Reims.
Maintenant, ce serait bien qu’un entraîneur arrive rapidement mais d’un autre côté, il faut que le club trouve quelqu’un d’intéressant, qui apportera un plus. Pour cela, les dirigeants semblent avoir trouver le bon « candidat » et ont décidé de prendre leur temps pour que ça se fasse. Je pense que c’est la meilleure des solutions mais il ne faut pas que cette situation dure trop longtemps quand même car il faut quelqu’un pour « tenir la barre ». Si le club a envie de grandir et faire quelque chose d’intéressant et je reste personnellement persuadé que c’est quelque chose de faisable, il a besoin de trouver le bon profil d’entraîneur sachant quand même et on l’a vu avec Pascal Janin, qu'aujourd’hui un entraîneur est jugé sur du très court terme. Dans ce métier, ils n’ont qu’une chance et il suffit d’un événement pour que l’entraîneur « saute ». A ce propos, je voudrais aussi couper court à toute rumeur qui disait qu’une partie des joueurs s’était liguée conte le Coach. A aucun moment les joueurs se sont dits on va tout faire pour que Pascal s’en aille, ce serait absurde de penser cela. Nous étions juste arrivés dans une situation où ni lui ni nous n’arrivions à trouver des solutions pour nous en sortir. Il faut maintenant que l’entraîneur qui va arriver nous apporte des solutions et pour cela, nous n’avons pas forcément besoin d’un "nom". Le relationnel sera important et la communication sera un élément majeur. Quel que soit l’entraîneur, ce que nous souhaitons c’est que ses choix soient clairs et honnêtes. Actuellement, nous sommes dans une situation où nous avons besoin de remonter la pente moralement et de recevoir des idées neuves.
3. Après cette victoire ramenée de Reims il faut tout de suite se replonger dans le prochain match, face à Metz, qui sera important pour plusieurs raisons : y aura-t-il une semaine et une préparation particulière ?
Je ne pense pas qu’il faille se mette de pression particulière et supplémentaire. Nous savons que nous sommes attendus mais nous attendons nous-mêmes car nous voulons nous racheter à domicile et confirmer la victoire de Reims. Nous savons que le public ne sera pas tendre et pourrait même être virulent si ça se passe mal et honnêtement, je n’ai pas envie de revivre ce qui s’est passé contre Montpellier où nous nous faisions siffler quand nous avions le ballon et les Montpelliérains se faisaient applaudir quand ils l’avaient. Ce n’est pas normal d’en arriver là. Comme je l’ai souvent dit, j’aime le public Brestois parce qu’il est entier et il a déjà prouvé par le passé qu’il pouvait nous soutenir quand il le fallait. Cette saison, il est déçu et je comprends sa réaction mas nous avons tous envie d’entendre à nouveau tout Francis Le Blé nous encourager pendant 90 minutes. Je pense que lors des derniers matches, les spectateurs ne sont pas venus en nombre mais les supporters, les vrais, ils étaient là. La meilleure marque de respect mutuel et d’encouragement serait qu’ils viennent en nombre vendredi et qu’ils fassent du bruit. Qu’ils nous disent « arrêtez de d***ner , nous sommes là, nous vous soutenons et faites-nous plaisir ». C’est là que nous verrons comment nous sommes capables de réagir mais si nous avons un véritable douzième homme derrière nous, cela va nous transcender, c’est certain. Nous voulons offrir de belles choses à nos supporters et notre public mais quand les sifflets deviennent systématiques dès qu’une passe est ratée, même si nous essayons d’en faire abstraction, ce n’est pas facile à vivre.
Je pense que nous allons passer une semaine à bien travailler, à bien s’appliquer et tout faire pour gagner vendredi soir. C’est clair que nous entrerons sur le terrain avec l’envie de gagner, sans même penser à l’adversaire et son classement. De toute façon, quel que soit l’adversaire, notre principal adversaire, c’est nous-mêmes et même si nous considérons que techniquement l’équipe est bonne, ça ne suffit pas pour gagner un match en Ligue 2. Il faut avoir l’envie de se battre, d’aller au combat et ça, inconsciemment, nous l’avions peut-être un peu perdu. Vendredi, nous avons retrouvé certaines valeurs et il faut continuer dans cette voie. Nous avons fait des efforts et nous avons été récompensés, il faut que nous fassions les mêmes efforts vendredi prochains et offrir à notre public ce qu’il mérite et qu’il attend depuis trop longtemps. Il ne faut pas que nous allions au conflit avec notre public et nos supporters et qu’ils nous laissent tomber car c’est dans ces moments difficiles que nous avons besoin d’eux. Nous allons tout faire pour nous racheter et de leur coté, il faut qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour se mobiliser et nous soutenir.