1. Philippe, vendredi soir, au terme d'un match un peu fou, disputé dans des conditions difficiles, le Stade Brestois a signé une victoire très importante face à Niort, synonyme de maintien assuré, c'est doublement satisfaisant, n'est-ce pas ?
Oui, c'est vrai que cette victoire nous fait beaucoup de bien et qu'elle nous soulage par rapport à l'obtention du maintien. Mais notre objectif principal n'était pas de jouer le maintien mais de viser le premier tiers donc logiquement cela devait passer par un maintien acquis le plus tôt possible et le faire dès fin mars est très satisfaisant. Par rapport aux deux saisons précédentes qu'a connues le club, c'est largement mieux car il avait fallu batailler jusqu'au bout pour arracher le maintien et là, ça ne sera pas le cas. Nous allons pouvoir jouer plus libérés et plus sereinement jusqu'au bout maintenant. Vendredi, nous savions que ça allait être un match difficile car Niort est dans cette situation délicate de relégable potentiel et je dois avouer que ça a été dur. On savait que Niort allait venir jouer pour ne pas perdre et en plus les conditions climatiques n'ont rien arrangé. Nous nous attendions à un match physique et ça a été le cas. Niort est une bonne équipe et je pense qu'ils ne sont pas forcément à leur place au classement. Le fait de marquer rapidement aurait pu constituer un avantage précieux mais malheureusement, nous avons encaissé un but immédiatement après... Nous ne nous sommes pas pour autant démobilisés et nous sommes repartis de l'avant immédiatement car après la belle victoire décrochée à Troyes, ça aurait été plus que dommage de faire un faux-pas à domicile face à Niort. Nous avons su nous accrocher et aller faire la différence quand il le fallait. Depuis quelques matches, il y a une grosse solidarité dans le groupe et nous sommes très solides. On a l'impression que pas grand chose peut nous arriver et quand on joue dans ce contexte, c'est toujours plaisant. Après la spirale négative de janvier, nous avons resserré les rangs et même si nous avons toujours été solidaires, depuis quelques semaines, c'est encore plus fort avec en plus une super ambiance entre nous, même s'il y a une concurrence entre plusieurs joueurs. Je pense que cette victoire face à Niort, dans un match difficile, est vraiment la victoire de la solidarité et à la fin, nous étions vraiment très heureux. Ca ne s'est peut-être pas trop vu à la fin du match mais je peux vous dire que dans les vestiaires, ça a été une véritable explosion de joie ! C'était un mélange de joie de s'être sortis d'un tel match et de soulagement d'avoir assuré le maintien et de ne plus à se préoccuper de ce qui se passe derrière. Maintenant, nous pouvons nous permettre de ne regarder que devant, c'est plutôt agréable.
2. Il reste neuf matches à disputer, le Stade Brestois est à quatre points du quatrième : est-ce que cette fin de saison ne sera que du bonus ou allez-vous vous fixer un nouvel objectif plus ambitieux ?
Je le répète, l'objectif initial que nous nous sommes tous fixés, c'est de finir dans les sept ou huit premiers et aujourd'hui, on voit que c'est un objectif tout à fait réaliste. A mon avis, dans les jours qui viennent, nous allons sûrement en reparler avec les entraîneurs et les dirigeants. De toute façon, nous essaierons maintenant de finir le plus haut possible. Si nous pouvons gagner les neuf matches restant, nous n'allons pas nous en priver ! (rires). Plus sérieusement, finir le mieux possible ce championnat et le plus haut possible, c'est important pour tout le monde, à la fois pour le club et son avenir mais aussi pour nous joueurs, que ce soit pour ceux qui restent ou ceux qui partiront en juin. Ce qui est bien aussi, c'est que nous allons pouvoir travailler avec plus de sérénité et aborder les matches plus tranquillement en cherchant à nous faire plaisir et faire plaisir à notre public. Après un hiver rude, nous allons enfin pouvoir savourer un printemps agréable et vu l'ambiance qui règne déjà dans le groupe, malgré les moments difficiles que nous avons pu traverser, ça risque d'être assez sympa. Personnellement, en huit ans de professionnalisme, je n'ai jamais connu une telle ambiance dans un groupe, dans aucun club : tout le monde s'entend à merveille, il n'y a aucune hypocrisie, aucun égoïsme. Notre force est que, même dans notre spirale négative de décembre-janvier, nous avons gardé cet état d'esprit. Ce qui nous a aussi énormément aidé, c'est que le Coach a fait en sorte que nous gardions le même style de jeu, celui que nous avions développé en début de saison et on peut voir aujourd'hui que ça a porté ses fruits. Il va falloir maintenant bien gérer le déplacement à Ajaccio et ensuite bien se préparer pour LE rendez-vous tant attendu face à Guingamp. C'est un derby très attendu, je le sais. De toute façon, dès qu'on arrive à Brest et qu'on signe, on nous en parle ! Brest-Guingamp semble être un derby particulier avec une saveur particulière, un enjeu régional et vu les classements respectifs des deux équipes, ça peut donner un beau spectacle. Nous gardons aussi à l'esprit la défaite au match aller et nous voulons absolument nous racheter. Ce sera, je pense, un vrai match de Coupe, en tout cas, nous allons bien le préparer. Après, il restera un mois et demi de compétition et il faudra se faire plaisir tout en restant assez sérieux pour atteindre notre objectif. Personnellement, je ne me fais pas de souci et je suis convaincu que nous allons y arriver, en tout cas, nous avons les moyens et nous sommes dans les meilleures dispositions pour faire quelque chose de bien. Je peux vous dire que vendredi soir ou samedi matin, l'un d'entre nous s'est dit "c'est bon, le maintien est acquis, l'objectif est atteint", pas du tout ! Nous voulons tous maintenant aller le plus haut possible et chacun a envie de faire de bonnes prestations, pour lui et pour le club.
3. Ca va mieux pour l'équipe depuis quelques semaines mais ça va mieux aussi pour toi après avoir traversé une période difficile : tu es revenu au sein d'une équipe qui "tourne" plutôt bien, on peut imaginer que tu dois en être heureux ?
C'est vrai que je sors d'un "passage à vide" qui durait depuis le match de Sedan que j'avais un peu raté... J'ai oublié maintenant mais c'est vrai que j'étais complètement passé au travers. Donc logiquement, suite à ça, j'ai perdu ma place et j'ai eu du mal à revenir et même si dans les semaines qui ont suivi, je m'appliquais à l'entraînement, je faisais des efforts pour revenir, il a fallu du temps pour que je retrouve la confiance du Coach. Mais je n'ai pas perdu espoir, je me suis accroché et je suis resté sérieux, que ce soit aux entraînements ou lors des matches joués avec la réserve. J'ai toujours pensé que le travail payait un jour ou l'autre donc, j'ai pris mon mal en patience et petit à petit, j'ai su revenir dans le groupe. J'ai aussi bénéficié des absences et des blessures de certains joueurs mais même si ça aide, j'ai su personnellement saisir ma chance et à un moment, la roue a tourné et j'ai eu la chance de me retrouver dans l'équipe au moment où elle s'est mise à enchaîner les bons résultats. C'est vrai que je suis content de participer activement à cette bonne passe et d'être arrivé au bon moment. Je sais qu'actuellement, c'est frustrant pour ceux qui sont blessés de voir que l'équipe "tourne" bien sans eux mais je sais aussi, pour l'avoir vécu, qu'ils sont heureux de ce qui se passe. Donc aujourd'hui, je pense avoir retrouvé la confiance du Coach et j'essaie à chaque match de faire la meilleure prestation possible. Mais ce n'est pas pour autant que je me dis que c'est acquis, je sais qu'il faut que je me remette en question à chaque match et chaque semaine à l'entraînement. J'ai attendu suffisamment longtemps pour savoir que rien n'est jamais acquis. Après ce match raté, je ne m'attendais pas à être écarté aussi longtemps du groupe : à certains moments, je pensais même que la sanction était un peu sévère mais quelque part, c'était un peu normal. Mais j'ai su rester patient et j'ai souvent discuté avec le Coach pour comprendre ce qui n'allait pas et je m'appliquais à l'entraînement et en réserve pour lui montrer que je faisais des efforts. Je sais aussi qu'il y a une forte concurrence au sein du groupe, notamment en défense et que certains joueurs blessés ou en phase de retour vont bientôt revenir dans le groupe. Ca ne me fait pas peur car, comme je l'ai dit, la concurrence au sein du groupe est saine et ça permettra au Coach de faire les meilleurs choix. Ca nous permet aussi de nous surpasser pour essayer de garder sa place et c'est bénéfique pour l'équipe. C'est vrai que je n'aimerais pas être à la place du Coach au moment du choix du groupe des seize mais ce qu'on a pu voir, c'est que nous sommes tous complémentaires et ça donne plein de possibilités au Coach. Donc si je veux rester dans le groupe jusqu'à la fin de saison, c'est à moi de faire tout ce qui faut pour. J'espère bien sûr pouvoir participer activement à une bonne fin de saison et atteindre cet objectif que nous nous sommes fixés. Nous avons la possibilité de faire la meilleure saison depuis le retour de Brest en Ligue 2, c'est motivant. Brest a un projet sur trois ans et dès la première année, nous sommes en passe d'atteindre l'objectif : ce serait bien et intéressant pour la suite d'y arriver, ça permettrait d'être encore plus ambitieux pour la saison prochaine. En tout cas, pour moi comme pour mes coéquipiers, il n'est pas question de se relâcher et la perspective d'aller "titiller" les cinq premiers est intéressante.