Jean-Louis Akpa Akpro : et soudain, le public se leva….
Le moins que l’on puisse dire c’est que Jean-Louis a fait une entrée fracassante sous le maillot brestois. Brest-Caen, 93e minute, les brestois sont menés 2 à 1 et, au courage, poussent pour revenir dans ce match. Jean-Louis est sur le terrain depuis quelques minutes seulement lorsque Cédric Liabeuf déborde et centre au point de penalty. D’un seul coup, le stade chavire et les caennais baissent la tête. Du gauche, Jean-Louis vient d’expédier le ballon dans les cages adverses d’une magnifique reprise de volée. Un but venu d’ailleurs, que lui-même, n’explique pas tout à fait. Une chose est certaine. Par ce geste, Jean-Louis Akpa-Akpro a déjà conquis le cœur du stade Francis le Blé. Un début en fanfare comme celui-la pourrait faire tourner la tête à plus d’un joueur. Mais aucun risque avec Jean-Louis, qui malgré son jeune âge a déjà les pieds solidement ancrés sur terre. Un recul sur lui-même et sur le football qui vient probablement de son enfance. Car, phénomène étonnant, Jean-Louis, enfant, n’a jamais rêvé de devenir footballeur. Comme il le dit lui-même, le foot est venu par hasard : « Je jouais souvent avec mon grand frère sur le parking du magasin que tenait mon père. Puis un jour, un monsieur est venu nous voir. Il venait d’ouvrir un club et cherchait des jeunes pour composer ses équipes. Contrairement à mon frère, cela ne m’intéressait pas du tout, mais comme je ne voulais pas me retrouver tout seul, je l’ai suivi. C’est là que tout a commencé ! » Le frère est talentueux et passionné. Le Toulouse Football Club s’intéresse très vite à lui mais le papa est méfiant. Pourtant, c’est Jean-Louis qui intègre le TFC le premier car lui aussi s’est fait remarqué lors d’un tournoi. Pourtant, le déclic n’apparaîtra que plus tard : « C’est à partir des 15 ans Nationaux que j’ai pris conscience que tout cela me plaisait, se souvient Jean-Louis. Nous étions comme des « petits-pros » avec chacun nos équipements. C’est là que j’ai commencé à penser un peu plus sérieusement au football. »
Puis vient le cheminement classique du centre de formation. Chaque année, Jean-louis se demande un peu comment il va faire pour évoluer au niveau supérieur et pourtant, il avance vite et bien et intègre le groupe pro qui évolue en Ligue 1. De bons débuts mais une blessure lui fait perdre un peu la confiance, d’autant, que la concurrence est rude. Le jeune joueur prometteur est en effet en concurrence avec Santos. Manque de temps de jeu, perte de confiance, Jean-Louis a besoin de se relancer. L’option du prêt est envisagée, mais Jean-Louis n’est pas très enthousiaste. « Je prenais un peu ça comme une punition mais le coach m’a expliqué que c’était une étape normale et très bénéfique pour un jeune joueur. J’ai effectivement besoin de temps de jeu pour m’aguerrir un peu et la Ligue 2 est un championnat difficile. C’est un vrai challenge pour moi. » Deux clubs sont intéressés : Brest et Châteauroux. « Avec Brest, le feeling est passé tout de suite, explique Jean-Louis. J’ai senti que le club avait vraiment envie que je vienne. Alors, bien sûr j’ai un peu hésité car la situation était un peu compliquée vu de l’extérieur. Mais aujourd’hui, je sais que j’ai fait le bon choix ». D’ailleurs, Jean-Louis, qui ne connaissait personne dans le groupe, est très surpris par le niveau de ses nouveaux co-équipiers : « C’est un très bon groupe et je le dis en toute objectivité. J’ai du mal à comprendre ce que Brest fait à cette place. On a vraiment le niveau pour jouer dans la première moitié du tableau. » Un challenge pour lequel Jean-Louis est prêt à se donner à 100% même s’il sait que son avenir est probablement à Toulouse en Ligue 1 : « C’est évident que pour moi l’objectif est de réintégrer la Ligue 1. Mais aujourd’hui, je suis très content d’être à Brest. J’ai besoin de Brest pour montrer ce que je sais faire et si ça marche, le club sera content, je crois, de m’avoir choisi. » Pour l’instant, en tout cas, cet échange de bons procédés a tout lieu de satisfaire le Stade Brestois. Premier match sous les couleurs bretonnes et premier but très important : « C’est sûr que c’est un bon début, souligne Jean-Louis. Mais c’est vrai que j’aurais préféré marquer un but synonyme de victoire. Mais c’est déjà bien. J’ai commencé à prendre mes marques dans l’équipe et ma première collaboration avec Richard Socrier ne s’est pas mal passée. C’est encourageant pour la suite. J’espère faire au moins aussi bien, mais, vous savez, la bonne volonté ne suffit pas toujours, il faut aussi un peu de réussite ! »