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 07.06.09 | Steeve Elana: nous nous sommes mis un peu trop de pression

Steeve, après quelques rumeurs et peut-être quelques sollicitations, tu as décidé de rester au Stade Brestois, peux-tu nous dire pour quelles raisons tu as choisi de rester ?

Tout d’abord, je reste au Stade Brestois car je suis encore sous contrat pendant un an et je souhaite honorer cette année de contrat. J’estime également que je ne peux pas quitter le club suite à une saison tronquée comme je viens de vivre. Je me dois d’honorer cette année de contrat vis-à-vis des personnes qui m’ont fait confiance et qui ont toujours cru en moi. J’avoue aussi que si Gérald Baticle était restait à la tête de l’équipe, la donne aurait pu être différente car je ne pense pas qu'il faisait de moi son gardien numéro un, ce sont des choses qui arrivent.


En toute honnêteté, penses-tu avoir payé l’erreur commise à Lens en décembre dernier ?

Oui, tout à fait… Je reconnais que j’ai fait une erreur, je ne l’ai jamais caché et je l’assume. De toute façon, en tant que gardien de but, je vis tout en sachant que l’erreur fait partie du poste. Je l’accepte mais ce qui s’est passé à Lens a été difficile à vivre. C’était un match intéressant à jouer, dans un superbe stade, avec un public extraordinaire et une couverture médiatique et même si je n’avais préparé ce match comme le match de ma vie, comme tous mes coéquipiers, je voulais faire bonne figure. Mais à vouloir trop bien faire, on arrive à faire une erreur et celle là a été fatale… J’ai pris un gros coup derrière la tête car j’ai « pourri » mon match mais j’ai surtout « pourri » celui de mes coéquipiers. Ma réelle frustration a été celle-là, de gâcher le match de toute l’équipe. En plus, ensuite, il y a une sorte de lynchage médiatique, j’en ai pris de partout par la télé, les journaux. Je me souviens que le lendemain, je prenais l’avion et à l’aéroport, j’étais entouré de personnes qui lisaient l’Equipe où ma « boulette » était mise en avant. Avec du recul, j’en souris mais sur le moment, j’avais un sentiment de honte et je n’avais qu’une envie, c’était de me cacher.
Le plus dur c’est qu’il n’y a pas eu d’entraînement ou de match ensuite pour oublier ou me rattraper. Lorsqu’on fait ce type d’erreur, quand on est gardien, on l’oublie lorsqu’on reprend l’entraînement, qu’on prépare le match suivant et qu’on rejoue.

Ensuite, tu as eu un peu de mal à revenir et reprendre ta place de titulaire…

Oui, c’est normal. J’ai fait une erreur et j’étais prêt à assumer les sanctions qui pouvaient en découler. Ca a été la perte de ma place et je l’ai accepté.
Je n’ai pas retrouvé de place de titulaire avant le match à rejouer de Reims en avril et très honnêtement, je l’ai un peu vécu comme un cadeau empoisonné… J’avoue que c’est dommage car c’était un match intéressant à jouer mais vu la conjoncture que le club traversait à ce moment-là et le contexte de la rencontre, je ne m’attendais pas à jouer. J’ai respecté le choix de Gérald Baticle qui partait certainement d’un bon sentiment mais les conditions n’étaient pas idéales pour moi. Ce qui est gênant sur ce match, c’est que je prends trois buts en n’ayant aucun arrêt à faire ou en tout cas en n’ayant pas eu beaucoup de ballons à toucher. Quand nous nous sommes retrouvés menés 3-0 au bout de 50 minutes de jeu, je me suis un peu demandé ce qui se passait, surtout que l’équipe venait de s’imposer à Bastia. C’était une véritable épreuve à vivre. J’ai fait mon maximum ce soir-là, de toute façon je n’avais rien à perdre, j’avais abordé ce match dans la peau d’une doublure, Julien était le numéro un et je ne le contestais pas : pendant un peu plus de trois ans, j’ai été numéro un et Julien numéro deux et là, ça s’inversait. Ca ne me posait pas de problème vis-à-vis de Julien car nous nous entendons très bien et que beaucoup de choses nous rapprochent.


Il a donc fallu attendre la fin de saison et le nouveau changement d’entraîneur pour que tu retrouves une place de titulaire…

Ce qui était gênant dans cette situation, c’était que l’équipe venait prendre 5 buts à Châteauroux, face à un concurrent direct au maintien et comme je l’évoquais tout à l’heure par rapport à une erreur commise, dans cette situation, on a envie de rejouer très vite pour effacer cet affront et montrer que c’est un accident et c’est ce que Julien a dû ressentir. Or là, il n’a pas eu l’occasion de le faire.
Paradoxalement, j’ai vécu le match de Vannes plus intensément que celui face à Lens. Face à Vannes, il y avait un nouvel entraîneur qui a décidé de me faire jouer et là, je me suis mis dans la peau du joueur qui n’a pas le droit de se rater. Les cartes ont été redistribuées, ça a joué en ma faveur et en tant que compétiteur, il fallait que je fasse en sorte de donner le maximum.


La saison s’est plutôt bien finie pour toi avec un retour au poste de numéro un, on peut penser que quelques semaines auparavant, tu ne l’imaginais peut-être pas…

Très sincèrement, à partir de mi-mars, vu la tournure des choses, je ne me voyais pas rejouer. J’avais bien compris que les jeux étaient faits et que j’étais devenu numéro deux pour un long moment même si je faisais le maximum pour être prêt à revenir à tout moment. Mais j’ai finalement retrouvé la confiance d’un nouvel entraîneur et qui, de surcroît, reste au club, même si je n’ai pas spécialement discuté avec Alex Dupont avant le départ en vacances pour connaître ses intentions vis-à-vis de moi. Et puis, comme je l’ai dit, il me reste un an de contrat avec Brest et je préfère que ça se passe comme ça.


Pour parler un peu de l’équipe, tout le monde s’accorde à dire que la saison a été délicate et pénible, en quelques mots, comment la résumerais-tu ?

Tout d’abord, je dirais que c’est une saison décevante et c’est le sentiment de tous les joueurs. Mais malgré tout, tout le monde a toujours donné le maximum, sans tricher et tout n’est pas à jeter. Sur la fin, il y a eu une petite restructuration et nous sommes repartis sur un nouveau cadre qui a fait du bien à certains.
Nous avions tous, dès le début de la saison, envie de faire de belles choses à domicile, sur la lancée de la saison précédente mais on peut dire que c’est raté…
Je pense que nous nous sommes mis un peu trop de pression en voulant bien faire, en voulant développer du beau jeu mais paradoxalement, ça nous a souvent mis en difficulté. Nous avons aussi été bons quand nous nous sommes retrouvés dos au mur comme à Strasbourg, à Boulogne ou encore face à Lens récemment.


Et il y a eu cette histoire de match à rejouer face à Reims…

Oui, je dois avouer que nous n’avons jamais bien compris tous les tenants et aboutissants de cette histoire. C’est vrai que ça a d’abord relancé Reims et ça nous a bien évidemment affectés psychologiquement même si nous avons essayé de l’occulter et d’avancer sans trop y penser, en attendant les décisions des différentes juridictions. C’était quand même pénible à vivre mais nous nous devions de faire de notre mieux pour montrer que, de toute façon, nous n’aurions pas besoin de ces trois points pour nous en sortir. Au final, nous sommes contents de récupérer ces trois points pour nous car nous les avions gagner sur le terrain et surtout par rapport à toutes les personnes qui travaillent au club et qui se sont faites beaucoup de soucis pendant de nombreuses semaines.


Le rideau est tombé la semaine dernière sur cette saison, place à la préparation de la nouvelle maintenant : qu’en attends-tu ?

Collectivement, j’espère de tout cœur que nous arriverons à assurer le maintien très rapidement pour ensuite réhausser notre objectif. Sur un plan personnel, je souhaite bien évidemment me donner les moyens de repartir sur une saison pleine et accomplie pour prendre une revanche sur celle qui vient de s’écouler qui a été un peu tronquée comme je l’ai dit et pouvoir rendre au club ce qu’il m’a donné depuis que je suis là.
Je redémarrerai sans avoir la certitude d’être le numéro un, il y aura de la concurrence et je devrai travailler pour l’être et le rester. Je sais qu’on ne me fera pas de cadeaux mais si je suis resté, c’est avec l’ambition de prouver que je peux être numéro un. Et puis, quand j’ai re-signé à Brest, c’était sur un projet de trois ans. La première année a été plutôt bonne, la deuxième est ratée, disons-le, j’espère maintenant que la troisième sera bonne en tout cas, comme tous les joueurs qui seront là, nous ferons tout pour vivre une belle saison.


On a pu le voir cette saison, même si le championnat a été très serré et relevé, ça n’a pas empêché des équipes comme Tours et surtout Boulogne, promu en Ligue 1, de réussir : cela ne donne-t-il pas des idées ?

Oui, Boulogne est l’exemple que tout est possible. Les Boulonnais, qui s’étaient sauvé in-extrémis, se sont mis dans la peau d’un promu : Ils ont joué sans complexe et sans arrière pensée. C’est vrai que ça pourrait être une source d’inspiration mais il faudra surtout réaliser un parcours comme il y a deux ans et surtout faire en sorte de redevenir intraitables à domicile. Nous sommes conscients de notre mauvais parcours à domicile, nous en sommes les premiers déçus et il faudra bien sûr faire mieux même s’il ne faudra pas se mettre une pression inutile et faire n’importe quoi. Nous avons un entraîneur qui a su mettre en place un système de jeu intéressant sur les derniers matches, j’ai hâte de voir maintenant ce que ça va donner la saison prochaine.

 
Le calendrier de la saison 2009-2010 est paru vendredi, l’as-tu déjà regardé ?

Oui et je trouve que les cinq premières journées seront intéressantes ! Il faudra démarrer à fond et se préparer en conséquence au mois de juillet.


Un petit mot sur Bruno Grougi, la première recrue du Stade Brestois que tu connais ?

Je connais Bruno depuis 2003 quand nous étions ensemble à Caen. Nous sommes tous les deux originaires de la même commune en Martinique et nos pères allaient ensemble à l’école ! C’est un ami, c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Même si nos chemins se sont séparés depuis quelques années, nous sommes toujours restés en contact et nous nous revoyions de temps en temps. C’est un plaisir de l’accueillir à Brest.
Concernant le joueur, je pense qu’il va beaucoup apporter au Stade Brestois. Il affectionne les coups de pieds arrêtés et ce n’est pas négligeable dans le football actuel et il a une bonne frappe de balle. Il a été formé à Caen, ce qui est un gage de qualité et c’est un bon recrutement. Il a hâte maintenant de rejoindre le groupe et démarrer la saison.



Après une saison qui a été difficile comme tu viens de nous l’expliquer, place aux vacances : que fait Steeve Elana pendant cette période ?

J’essaie tout d’abord d’en profiter ! Les vacances, c’est profiter au maximum de ma famille et de mes enfants. J’essaie de rester au courant de l’actualité du football en lisant la presse et je me renseigne aussi auprès du club pour savoir ce qu’il s’y passe bien sûr. Et puis Nicolas Locussol nous a concocté un petit programme de maintien en condition physique et comme nous savons à quoi nous attendre à la reprise, il vaut mieux être sérieux !

LIGUE 2, 28e JOURNEE

BREST-AJACCIO : 0-1

STADE BRESTOIS : le Journal Officiel
1 Caen 55 pts
2 Brest 52 pts
3 Metz 45 pts
4 Laval 41 pts
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