Yann, l’année dernière, tu cumulais ce même poste de Directeur de la Formation et tu avais en plus en charge l’équipe B. Cette saison, tu as laissé cette responsabilité d’entraîneur de la CFA 2 à Jean-Yves Kerjean. Quelle en est la raison ?
Entre l’organisation administrative, générale et sportive de la Formation et la CFA 2, je me retrouvais avec une surcharge de travail. C’est pourquoi cette saison, je me concentre sur la Formation au sens large uniquement. Attention, je reste présent sur les terrains et cela me permet même d’être davantage auprès des garçons en étant moins omnubilé par la CFA 2. En fait, je peux ainsi prendre plus de recul sur l’ensemble de la Formation.
La formation a connu quelques soubresauts notamment en raison des histoires d’agrément. Peux-tu nous dresser un état des lieux de la formation brestoise aujourd’hui ?
C’est simple. Nous n’avons pas eu l’agrément car nous ne respections pas le cahier des charges en raison de quelques carences notamment sur le plan des infra-structures. Cependant, la formation brestoise existe comme elle le fait depuis 4 ans et nous travaillons dans la continuité avec la même politique basée sur le qualitatif, la progression du joueur et non sur le résultat. Notre volonté est de former des joueurs professionnels. Attention, non pas pour qu’ils deviennent « Pro » mais pour qu’ils fassent une carrière « Pro », ce qui est très différent.
C’est-à-dire ?
Pour préparer idéalement un garçon, nous devons lui faire trouver un équilibre qui est très difficile à atteindre entre le sportif et le scolaire. L’éducation reste bien sûr le domaine des parents mais nous, nous essayons de faire ne sorte qu’il trouve un épanouissement général à la fois dans le foot mais aussi dans les études. Cela prend du temps et demande de notre part une vraie individualisation de notre formation pour être au plus près des gars.
Les signatures de Vincent Richetin et de Romain Thomas doivent être une vraie satisfaction pour vous, éducateurs ?
Oui, c’est vrai. Notre objectif dans le long terme est celui-là. Emmener le maximum de jeunes capables de venir renforcer le groupe pro. C’est un processus long. Mais, c’est notre rôle car il est évident que Brest n’aura jamais les moyens d’un Lyon, ou d’un PSG et que l’équipe première aura toujours besoin de s’appuyer sur la formation. Cela correspond aussi à la volonté de donner une identité forte au club.
Le fait de ne pas avoir obtenu l’agrément ne signifie donc pas la fin de la formation brestoise ?
Non, loin de là ! Tout est en place au niveau des équipes d’éducateurs. Cela fait maintenant longtemps que nous travaillons ensemble et c’est un vrai travail coordonné entre tout le monde. Le fait de ne pas avoir l’agrément nous handicape forcément au niveau des moyens car nous ne percevons pas d’aide de Ligue ou de la Fédération et de la protection de nos jeunes. Cela prend juste plus de temps. Il faut aussi que la situation sportive du club se stabilise. C’est aussi lié. L’année dernière, le club s’est maintenu sur les derniers matchs. La formation ne pourra être pertinente que si l’équipe première se stabilise en Ligue 2. C’est aussi la volonté de la direction qui souhaite avant tout pérenniser le statut professionnel et c’est effectivement essentiel pour la formation. Tout cela prend du temps.
Retrouvez également cette interview dans le Journal du Stade Brestois distribué à l'occasion de Brest-Libourne